Publié : 7 septembre
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Jean-Claude GUEZENNEC

Jean-Claude GUEZENNEC : l’Adieu à l’Ami et au Pédagogue.

par Philippe PRIOL


C’est le 22 juillet dernier, dans son sommeil, que notre ami Jean-Claude Guezennec aura livré son dernier combat, l’ultime, celui que nous perdons tous. Pourtant, Jean-Claude n’était pas un homme de renoncement et ses combats au cours de sa longue existence furent nombreux.
Elevé au sein d’un foyer chrétien, il resta attaché de façon permanente aux valeurs qu’il avait reçues au cours de son éducation, comme en témoignent la fidélité à ses amis et à son idéal de vie. Pétri d’humanisme par nature et par conviction, des études de lettres classiques, où le latin et le grec prirent toutes leur part, ne firent qu’en renforcer le cours naturel. Aussi lorsque le jeune agrégé prit se fonctions au Lycée Corneille de Rouen à la fin des années cinquante, il ne faisait nul doute qu’il trouverait là un champ d’application aux idées que déjà il portait en lui.
Le cinéma, l’audiovisuel, l’écriture, l’amour de la littérature et de toute création en général allaient sous-tendre son action de professeur. Il parvint ainsi à créer une dynamique au sein de l’établissement qui lui permit d’accéder peu à peu à ses rêves les plus profonds. Créateur de la section cinématographique et audio-visuelle du Lycée, une démarche pionnière dans la France de l’époque, il éveilla à leur vocation d’acteur, de producteur et de technicien de nombreux élèves qui lui vouèrent une reconnaissance sans fin.
Durant les trois années où il fut mon professeur, tant en français qu’en latin, il ne cessa jamais de nous captiver par ses capacités d’innovation et d’éveil dans des matières parfois arides et rebutantes pour de jeunes esprits dénués d’austérité. Mais ce fut en classe de première, l’année qui suivit mai 68, qu’il put totalement s’épanouir dans ses fonctions d’enseignant, avec, cette fois, l’aval de l’Administration. Le premier, il installa son bureau en bas de l’estrade traditionnelle, geste significatif pour un professeur résolu à promouvoir l’éducation participative, le premier il instaura les débats en classe, le premier il ramena l’expression orale au premier plan.
L’ultime hommage je le réserverai à son talent de réalisateur révélé dans cet admirable court métrage « Moi Pierre C… élève du collège de Bourbon », joyau absolu de son travail de cinématographe, dont le héros n’est autre que Pierre Corneille, fruit de l’éducation des Jésuites de Rouen au XVIIème siècle. Tout y est admirable : la documentation, les dialogues, l’image et la grande part réservée à la pédagogie….
Adieu Jean-Claude, nos cendres ne sombrent pas dans l’oubli, mais selon ta Foi, elles survivent dans l’Eternel.