Publié : 18 novembre 2016

MARCUS MALTE, LE GARÇON PRODIGE

 Dans le cadre du Femina des lycéens (organisé par la DAAC de l’académie de Rouen avec le soutien de la librairie l’Armitière), des élèves de la classe de Première L du lycée Pierre-Corneille ainsi qu’une classe de Première S du lycée Jean-Baptiste-de-la-Salle, ont rencontré l’auteur Marcus Malte vendredi 4 novembre 2016. Son roman Le Garçon a déjà été récompensé par le prix Femina 2016.
 Avec honnêteté et fraîcheur, l’auteur a répondu aux questions sur ses intentions d’écriture, ses inspirations et ses techniques de travail. Ainsi, il adopte une prose qu’il qualifie d’« instinctive et musicale », suivant le principe énoncé par Verlaine : « De la musique avant toute chose ». Ne connaissant pas l’issue de son récit lorsqu’il en compose le début, Marcus Malte se laisse porter par son écriture et la sonorité mélodieuse de ses phrases, découvrant ainsi son roman de la même façon que ses lecteurs.
 S’il nomme Flaubert, Cendrars et Perec, il ne livre jamais explicitement ses influences. Le travail autour de ce texte aura duré au total environ cinq ans : il en exprime toute la difficulté, notamment ce qu’il évoque comme les « périodes de pages blanches perpétuelles ». Les moments de découragement sont fréquents, mais la persévérance est indispensable, et l’aide de la Trinité « café, chocolat et quelques clopes » s’est révélée précieuse pour aller au bout du projet.
 Ainsi, Le Garçon est un livre intense qui s’écarte des thèmes de ses œuvres habituelles. En effet, il évoque sa nécessité de « prendre l’air » par rapport à l’époque actuelle, un besoin d’exotisme temporel. Son personnage principal ne parle pas, n’a pas de nom, semblant se rapprocher davantage de l’animal sauvage que de l’être humain. Selon Marcus Malte, « l’amour, l’art et la guerre » sont les seules choses qui différencient l’espèce humaine des animaux. Que ces trois thèmes soient au cœur de ce roman n’est donc pas anodin, dans cette réflexion sur l’humanité, ainsi que sur la sensualité et ce que la guerre est « concrètement et charnellement ». Dévoilant une galerie de personnages hétéroclites et bigarrés, l’auteur nous livre un point de vue à la fois désabusé et enchanté sur les beautés et les atrocités de l’existence.
 Malgré le succès de son roman, Marcus Malte sait rester humble en déclarant : « Flaubert me copie souvent ».

MOTTE Marine, ILLES Anna, COSNEFROY Enzo, QUEVILLY Julie (1L)

Marcus Malte au lycée Pierre-Corneille le 04/11/2016